
Professeur, militant du logement, député puis candidat à la mairie de Toulouse : le parcours de François Piquemal ne ressemble à aucun autre. À 41 ans, celui qui se présente face à Jean-Luc Moudenc pour les municipales 2026 traîne derrière lui une histoire faite de combats, d’engagements et de quelques épisodes rocambolesques.
Portrait d’un homme politique atypique.
🏠 Tout a commencé par un conflit de coloc
L’histoire aurait pu être banale. En 2003, François Piquemal débarque à Toulouse à 19 ans pour étudier l’histoire à l’université. Comme beaucoup d’étudiants fauchés, il s’installe en colocation.
Sauf que les relations avec le propriétaire tournent au vinaigre.
Ce conflit, qui aurait pu se régler devant un tribunal d’instance et tomber dans l’oubli, va changer sa vie. Le jeune étudiant se rapproche de l’association Droit au Logement (DAL) pour obtenir de l’aide. Il ne la quittera plus pendant dix ans, jusqu’à en devenir le porte-parole à Toulouse.

Ironie du sort : c’est un problème de logement qui a lancé la carrière politique d’un homme aujourd’hui spécialiste reconnu des questions d’habitat.
Même ses adversaires politiques lui reconnaissent cette expertise.
📖 « Les Oubliées » : quand le prof devient auteur
Parallèlement à son militantisme, François Piquemal devient professeur de lettres-histoire-géographie au lycée professionnel du Mirail (aujourd’hui lycée Gisèle-Halimi). Mais il ne se contente pas d’enseigner.
En 2019, il autoédite Les Oubliées, un livre-enquête sur le logement insalubre à Toulouse :
- Des appartements délabrés à quelques minutes du Capitole
- Des propriétaires indélicats
- Des familles vivant dans des conditions indignes
Le titre dit tout : ces situations existent, mais personne n’en parle.
🚀 De conseiller municipal à député : l’ascension express
En 2019, François Piquemal quitte le DAL pour se lancer en politique. Il rejoint Archipel Citoyen, le mouvement citoyen qui tente de bousculer la politique toulousaine.
2020 → Élu conseiller municipal d’opposition face à Jean-Luc Moudenc
2022 → Candidat aux législatives sous les couleurs de la NUPES

Les résultats parlent d’eux-mêmes :
| Élection | Tour | Score |
|---|---|---|
| Législatives 2022 | 1er tour | 46,54% |
| Législatives 2022 | 2nd tour | 59,26% |
| Législatives 2024 | 1er tour | 53,39% ✓ |
Réélu dès le premier tour en 2024. Du jamais vu dans cette circonscription.
⚓ L’épisode Gaza : arrêté en mer, détenu dans le désert
Septembre 2025. François Piquemal embarque à bord de la Global Sumud Flotilla, une flottille humanitaire qui tente de rejoindre Gaza.
L’opération tourne court : dans la nuit du 1er au 2 octobre, les bateaux sont interceptés par l’armée israélienne.
Le député toulousain est :
- Arrêté en mer
- Transféré à la prison de Ketziot (désert du Néguev)
- Détenu pendant une semaine
- Libéré et rapatrié le 9 octobre
Une expérience qu’il qualifiera d' »humiliante » dans les interviews qui suivront.
Que l’on approuve ou non sa démarche, l’épisode illustre un trait de caractère : François Piquemal n’est pas du genre à rester derrière un bureau.
🏛️ Municipales 2026 : le duel avec Moudenc
Aujourd’hui, c’est le Capitole que vise François Piquemal. Face à Jean-Luc Moudenc, maire sortant, il incarne une alternative assumée à gauche.
Premier tour : 27,56% des voix → Qualifié pour le second tour
Son programme en bref :
- ✅ Zéro passoire thermique
- 🚌 Multiplication des transports en commun
- 🌳 Création de « parcs fraîcheur » dans chaque quartier
- 🥗 Repas végétarien quotidien dans les cantines
Des propositions qui divisent, comme souvent en politique.
« Fin connaisseur des dossiers concernant l’habitat, il bénéficie à Toulouse d’une très bonne cote de sympathie des militants, mais aussi de la reconnaissance de ses opposants. »
— Le Monde
📋 Le portrait en bref
| Né le | 28 décembre 1984 (41 ans) |
| Origine | Besançon (Doubs) |
| Profession | Professeur de lettres-histoire-géo |
| Parti | La France Insoumise |
| Mandat actuel | Député 4e circo Haute-Garonne |
François Piquemal, c’est un Franc-Comtois devenu Toulousain, un prof devenu député, un militant associatif devenu candidat au fauteuil de maire.
Son parcours est atypique, ses méthodes parfois controversées, mais une chose est sûre : à Toulouse, personne ne peut dire qu’il ne sait pas de quoi il parle quand il évoque le mal-logement.
La suite de l’histoire s’écrira le 23 mars prochain, jour du second tour des municipales.