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Le magazine toulousain indépendant

Mona Luna : Toulouse prépare son décollage vers la Lune avec un rover révolutionnaire

Publié le 1 avril 2026 par Ranoro
Le rover Mona Luna de Venturi Space exposé à la Cité de l'espace à Toulouse

De l’Aéropostale à la conquête lunaire, Toulouse n’a jamais cessé de lever les yeux vers le ciel. Avec Mona Luna, le rover européen aux roues hyper-déformables dévoilé cette semaine à la Cité de l’espace, la Ville rose s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire spatiale. Et cette fois, elle vise carrément la Lune.


🚀 Un siècle d’aventures aériennes, et maintenant l’espace

Il y a tout juste un siècle, sur les pistes de Montaudran, des hommes comme Jean Mermoz et Antoine de Saint-Exupéry faisaient décoller les premiers avions de l’Aéropostale. Ils ont ouvert les routes du ciel, reliant Toulouse à Dakar, puis à l’Amérique du Sud.

Aujourd’hui, c’est à quelques centaines de mètres de ce même quartier historique qu’une nouvelle aventure prend forme. Sur la zone Toulouse Aerospace, entre le cinéma UGC et le bâtiment B612, un terrain de 14 000 m² a été acquis pour accueillir l’usine qui assemblera les rovers lunaires de demain.

« À Toulouse, il y a une histoire, celle des pionniers comme Saint-Exupéry et Mermoz, et un savoir-faire. Ça n’aurait pas été juste de tout faire à Monaco. »
— Gildo Pastor, président de Venturi Space


🌙 Mona Luna : « Notre Joconde »

Ce mardi, dans le hall d’accueil de la Cité de l’espace, une centaine d’invités ont découvert la maquette taille réelle de Mona Luna. Ce rectangle compact de 2,5 mètres, habillé de noir, blanc et or, juché sur quatre imposantes roues aplaties, incarne l’exploration spatiale européenne de demain.

« Ce rover est notre 29ᵉ objet en taille réelle, et c’est un de nos chefs-d’œuvre. Mona Luna sera notre Joconde. Il incarne le spatial d’aujourd’hui, les technologies d’avenir », a déclaré Arnaud Mounier, directeur général de la Cité de l’espace.

Derrière ce projet ambitieux : Venturi Space, la branche spatiale de la société monégasque fondée par Gildo Pastor, ancien pilote de Formule E (la F1 100% électrique). Son objectif ? Faire rouler des voitures électriques sur la Lune. Et pas n’importe où : au pôle Sud lunaire, là où la NASA et ses partenaires prévoient d’installer leurs futures bases.


🔧 192 ressorts pour dompter le sol lunaire

Ce qui rend Mona Luna unique, ce sont ses roues hyper-déformables. Montées sur un système de 192 ressorts et câbles, elles peuvent s’adapter aux terrains les plus hostiles du pôle Sud lunaire : pentes abruptes, régolithe poudreux, cratères.

« Ces roues n’ont pas d’équivalent, ni sur Terre, ni sur Mars », affirme l’astronaute Jean-François Clervoy, ambassadeur du projet. « Mona Luna préfigure la technologie qui permettra de transporter les astronautes demain sur la Lune, plus vite et plus loin. »

Caractéristique Mona Luna
Dimensions 2,5 m de longueur
Roues Hyper-déformables (192 ressorts)
Alimentation Panneaux solaires + batteries
Résistance thermique -200°C à +170°C
Zone d’exploration Pôle Sud lunaire

💼 150 emplois et un « bâtiment extraordinaire » à Montaudran

Venturi Space ne fait pas que rêver : l’entreprise a déjà positionné une trentaine d’ingénieurs au Parc technologique du Canal, à Ramonville-Saint-Agne. Leur mission : développer les logiciels et l’électronique embarqués du futur rover.

D’ici deux à trois ans, ils seront rejoints par 100 à 150 personnes supplémentaires pour l’intégration et la qualification des engins. L’objectif à terme ? Devenir fournisseur de rovers pour tous les projets d’exploration lunaire et les construire en série.

« En 2027, je vais faire construire le bâtiment le plus extraordinaire qui existe », promet Gildo Pastor, qui dévoilera les détails de cette future usine cet été.

À lire aussi : Recyclage des avions à Toulouse : comment la Ville rose donne une seconde vie aux géants du ciel


🛰️ Le CNES mise sur le projet

Les acteurs du spatial toulousain suivent de près cette aventure. Le CNES (Centre national d’études spatiales), dont le siège toulousain concentre une grande partie de l’expertise française en matière d’exploration, accompagne déjà Venturi Space.

« Le CNES côtoie Venturi depuis quelque temps. Leurs équipes viennent du monde automobile, on les aide avec nos compétences dans le domaine spatial », explique Sébastien Barde, sous-directeur Exploration et Vols habités au CNES. « Ils tiennent le bon bout, ils sont les plus avancés, notamment avec leur technologie sur les roues. C’est une chance pour l’Europe. »

Si Venturi part sur la Lune, le CNES essaiera d’y positionner des expériences scientifiques. Une collaboration qui pourrait faire de Toulouse le centre névralgique de l’exploration lunaire européenne.


✨ « Est-ce que ça va marcher ? C’est ça l’exploration ! »

Sylvestre Maurice, astrophysicien à l’IRAP et concepteur des caméras laser ChemCam et SuperCam des rovers martiens Curiosity et Perseverance, ne cache pas son enthousiasme :

« Avec Venturi Space, on a de la science et du rêve. L’approche est saine parce qu’ils vont chercher les savoir-faire. Je suis assez fan de Gildo Pastor, il n’est pas simplement un portefeuille, il est terriblement humain. Est-ce que ça va marcher à la fin ? Personne ne le sait, mais c’est ça l’exploration. Moi, j’y crois ! »

La maquette de Mona Luna est désormais visible à la Cité de l’espace, qui a accueilli près de 394 000 visiteurs en 2025. Une nouvelle attraction qui rappelle que Toulouse, de la Ville rose à la « Porte de la Lune », n’a jamais cessé de repousser les frontières du possible.


🌙 Et si dans quelques années, le premier véhicule européen à rouler sur la Lune portait la signature de Toulouse ? Après les avions, les fusées et les satellites, la Ville rose pourrait bien ajouter un rover lunaire à son palmarès. Une histoire qui ne fait que commencer.