
Jean-Luc Moudenc remporte un troisième mandat historique face à la gauche unie de François Piquemal. Avec 53,87 % des voix, le maire sortant creuse l’écart le plus important depuis 25 ans aux municipales toulousaines.
📊 Les chiffres clés
- Jean-Luc Moudenc (DVD) : 53,87 % — 78 925 voix
- François Piquemal (LFI) : 46,13 % — 68 668 voix
- Écart : 13 257 voix (le plus large depuis 2001)
- Participation : 62,47 %
🗳️ Le verdict des urnes
Ce dimanche 22 mars 2026, les Toulousains ont tranché. Après une campagne d’entre-deux-tours électrique, Jean-Luc Moudenc conserve le Capitole avec une avance confortable. L’union de la gauche — François Piquemal (LFI) et François Briançon (PS) — n’aura pas suffi à faire basculer la Ville rose.
🗺️ Résultats quartier par quartier
La carte électorale révèle une ville fracturée. Voici le détail des principaux bureaux de vote :
| Quartier | Moudenc | Piquemal | Participation | Vainqueur |
|---|---|---|---|---|
| Lardenne | 80,65 % | 19,35 % | 68 % | 🔵 Moudenc |
| Côte Pavée (école Saint-Joseph) | 76,15 % | 23,85 % | 71 % | 🔵 Moudenc |
| Capitole / Hypercentre | 54,20 % | 45,80 % | 65 % | 🔵 Moudenc |
| Bonnefoy (école, bureau n°20) | 43,87 % | 56,13 % | 58 % | 🔴 Piquemal |
| Saint-Cyprien (gymnase Puig) | 47,24 % | 52,76 % | 60 % | 🔴 Piquemal |
| Minimes | 48,50 % | 51,50 % | 59 % | 🔴 Piquemal |
| Le Mirail | 38,00 % | 62,00 % | 44 % | 🔴 Piquemal |
| Empalot | 40,00 % | 60,00 % | 46 % | 🔴 Piquemal |
| Les Izards | 41,00 % | 59,00 % | 43 % | 🔴 Piquemal |
| Bagatelle (école Ronsard) | 25,65 % | 74,35 % | 42 % | 🔴 Piquemal |
🔵 Vert = bastions Moudenc | 🟠 Orange = quartiers disputés | 🔴 Rouge = bastions Piquemal
🔄 Le paradoxe toulousain
Ces élections confirment une constante locale : Toulouse vote à gauche pour les scrutins nationaux, mais reste ancrée à droite pour choisir son maire.
Aux législatives de 2024, François Piquemal était réélu dès le premier tour avec 53,39 % dans la 4e circonscription. À la présidentielle 2022, Mélenchon dominait dans plusieurs quartiers. Pourtant, pour le Capitole, c’est l’inverse.
« Cette élection ne s’est pas jouée uniquement sur le clivage gauche-droite, mais sur une fracture territoriale entre quartiers populaires et périphéries pavillonnaires. »
📈 L’évolution entre les deux tours
Jean-Luc Moudenc a su élargir sa base entre les deux tours, notamment dans les quartiers disputés :
| Quartier | 1er tour | 2nd tour | Progression |
|---|---|---|---|
| Bonnefoy (bureau n°20) | 33,59 % | 43,87 % | +10,28 pts |
| Saint-Cyprien (gymnase Puig) | 35,29 % | 47,24 % | +11,95 pts |
| Capitole (bureaux 2-3) | En tête | Dépassé | Perdu |
👤 Jean-Luc Moudenc : 22 ans de politique toulousaine
⚠️ L’affaire Anticor
En juin 2025, Mediacités révélait que des salariés municipaux auraient été mobilisés pour la campagne 2020. L’association Anticor a saisi la justice. Une enquête préliminaire est en cours au parquet d’Auch pour détournement de fonds publics. Moudenc encourt une peine d’inéligibilité — mais cela n’a visiblement pas pesé sur le scrutin.
👤 François Piquemal : du DAL à l’Assemblée
41 ans, professeur de lettres-histoire au lycée du Mirail, Piquemal incarne une nouvelle génération. Porte-parole du DAL (Droit au Logement) pendant 10 ans, il rejoint Archipel Citoyen en 2019, puis devient député LFI en 2022.
🚢 L’épisode Gaza (septembre 2025)
Piquemal embarque sur la Global Sumud Flotilla à destination de Gaza. Intercepté par l’armée israélienne le 2 octobre, il est détenu à la prison de Ketziot (désert du Néguev) avant d’être libéré le 9 octobre. Un épisode qui a marqué les esprits.
🔮 Et maintenant ?
Jean-Luc Moudenc, 65 ans, entame un mandat qui pourrait être le dernier. À 71 ans en 2032, une quatrième candidature semble improbable.
Les enjeux du mandat :
- 🚇 Transports : ligne C du métro, extension Téléo
- 🏠 Logement : crise du logement abordable
- 🌱 Transition écologique : adaptation au changement climatique
François Piquemal animera l’opposition avec ses 16 élus au conseil municipal. La bataille pour 2032 a peut-être déjà commencé.
Toulouse a voté. Le Capitole reste à droite.
Mais derrière les chiffres, c’est une ville fracturée qui se dessine : entre quartiers populaires et zones résidentielles, entre abstentionnistes et électeurs mobilisés, entre deux visions de la cité.
Le prochain mandat devra répondre à ce défi : gouverner pour tous les Toulousains.