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À Toulouse, Apprentis d’Auteuil fête 160 ans d’évolution

Publié le 7 octobre 2026 par Ranoro
Deux jeunes accompagnés par Apprentis d’Auteuil à Toulouse

Ce mercredi 7 octobre, le parvis de la cathédrale Saint-Étienne accueille un anniversaire pas tout à fait comme les autres : les 160 ans d’Apprentis d’Auteuil. Derrière le goûter, la collecte de fournitures et l’exposition photo se lit une transformation profonde. Née à Paris en 1866 pour accueillir six enfants des rues, l’œuvre est devenue un réseau qui agit aussi à Toulouse, de la petite enfance à l’insertion professionnelle. Son histoire raconte surtout comment l’accompagnement des jeunes a changé : il ne s’agit plus seulement d’héberger ou d’enseigner un métier, mais de travailler avec les familles, les écoles, les employeurs et les associations d’un territoire.


📖 De six enfants à un réseau d’accompagnement

L’histoire commence le 19 mars 1866. L’abbé Louis Roussel loue une maison au 40, rue Jean-de-La-Fontaine, dans le quartier d’Auteuil à Paris. Son « Œuvre de la Première Communion » reçoit d’abord six enfants des rues. Ils y sont soignés, apprennent à lire et à écrire, puis doivent acquérir un métier.

À partir de 1871, la crise économique rend les placements extérieurs plus difficiles. L’institution ouvre alors ses propres ateliers, notamment dans l’imprimerie. Cette articulation entre éducation et apprentissage devient son fil rouge. Lorsque l’abbé Roussel se retire en 1895, 15 000 enfants sont déjà passés par l’œuvre.

L’intuition d’origine reste actuelle : pour retrouver une trajectoire, un jeune a besoin à la fois d’un cadre, de compétences et d’adultes sur lesquels compter.

La structure manque pourtant de disparaître. En 1923, elle ne compte plus que 170 jeunes et traverse une grave crise. Le père Daniel Brottier relance l’ensemble, ouvre quinze annexes et replace la confiance au centre de la pédagogie. En 1929, l’œuvre obtient la reconnaissance d’utilité publique. Après la Seconde Guerre mondiale, une vingtaine d’établissements forment aux métiers de la mécanique, du bâtiment, de l’agriculture, de la menuiserie ou de la cuisine.


🔄 Pourquoi le modèle a dû changer

Les besoins ne sont plus ceux du XIXe siècle. À partir des années 1960, les jeunes accueillis sont majoritairement confrontés à des difficultés sociales ou familiales plutôt qu’à l’orphelinat. Les établissements passent sous contrat avec les ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture en 1961, puis obtiennent en 1973 une habilitation au titre de la protection de l’enfance.

Le périmètre continue ensuite de s’élargir. Les établissements s’ouvrent progressivement aux filles. Une première crèche est créée en 2007 ; les Maisons des Familles apparaissent en 2009 ; Auteuil Petite Enfance est structurée en 2010. La fondation développe aussi des parcours pour les jeunes non diplômés ou éloignés de l’emploi.

Cette évolution répond à une évidence pratique : les fragilités se cumulent. Un décrochage scolaire peut être lié au logement, aux difficultés financières, à l’isolement des parents ou à l’absence de réseau professionnel. Traiter un seul problème sans regarder les autres produit rarement un résultat durable.


📍 Ce que cette histoire devient à Toulouse

Dans le Sud-Ouest, Apprentis d’Auteuil annonce accompagner plus de 5 300 jeunes et stagiaires ainsi que plus de 1 000 familles, au sein de 27 établissements avec 870 collaborateurs. Ces chiffres couvrent une vaste région, mais Toulouse en offre un aperçu très concret.

Dans la ville, Auteuil Petite Enfance est notamment présente à travers des lieux d’accueil pour les tout-petits et des dispositifs de soutien à la parentalité. À Labège, le campus Saint-François La Cadène associe enseignement, accompagnement éducatif et préparation professionnelle. D’autres dispositifs s’adressent aux jeunes qui ont besoin de reprendre confiance, de clarifier un projet ou de franchir les premiers obstacles vers l’emploi.

Le principe rejoint les enjeux déjà observés dans les parcours professionnels toulousains : savoir lire une offre, rencontrer un employeur ou préparer un entretien compte autant que la liste des postes disponibles. C’est aussi le sens de notre guide consacré à la préparation d’un salon emploi à Toulouse.

Autrement dit, le « modèle Auteuil » n’est plus un établissement isolé derrière ses murs. Il fonctionne comme un écosystème local, avec des familles, des associations, des entreprises, des collectivités et des professionnels de l’éducation.


🤝 Une collecte qui privilégie la rencontre

La célébration organisée aujourd’hui place Saint-Étienne résume bien cette logique. Le public peut déposer des fournitures scolaires et des kits d’hygiène entre 14 h 30 et 18 h 30. Une célébration est prévue dans la cathédrale de 16 h à 17 h, puis un goûter ouvert à tous sur le parvis de 17 h à 18 h 30.

Le don matériel est utile, mais l’organisation insiste sur un second geste : rencontrer les associations qui recevront ces produits et découvrir leurs actions. C’est une manière de rendre visible un travail social souvent discret, tout en évitant que la solidarité se réduise à un simple dépôt de sacs.

À retenir Informations pratiques
Date Mercredi 7 octobre 2026
Lieu Parvis de la cathédrale Saint-Étienne, Toulouse
Collecte Fournitures scolaires et kits d’hygiène, de 14 h 30 à 18 h 30
Goûter ouvert à tous De 17 h à 18 h 30

🎯 Une leçon qui dépasse l’anniversaire

Les 160 ans d’Apprentis d’Auteuil ne racontent pas la survie à l’identique d’une institution. Ils montrent au contraire sa capacité à changer de public, de méthodes et de partenaires sans abandonner sa promesse initiale : donner à un jeune les moyens de reprendre prise sur son avenir.

Ce recul historique éclaire un enjeu très contemporain à Toulouse. Une métropole peut créer des emplois, des formations et des équipements ; encore faut-il construire les passerelles qui permettent aux personnes les plus fragiles d’y accéder. C’est dans ce travail patient, rarement spectaculaire, que se joue une grande partie de l’égalité des chances.

Et si cet anniversaire servait surtout à regarder autrement les structures toulousaines qui, chaque jour, transforment une aide ponctuelle en véritable parcours ?

Sources : Apprentis d’Auteuil, « 160 ans d’histoire au service de la jeunesse » ; Apprentis d’Auteuil Sud-Ouest ; Toulouse Métropole, annuaire Auteuil Petite Enfance.

Crédit photo : Apprentis d’Auteuil / Besnard